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Le tarissement chez la chèvre

Le tarissement, quelquefois appelé « période sèche », correspond à l’arrêt de la sécrétion lactée. Il est indispensable chez toutes les femelles productrices de lait : vaches, chèvres, brebis…

Il permet d’assurer entre deux lactations :

  • La reconstitution de la glande mammaire (les cellules sécrétrices de lait se régénèrent) ;

  • La reconstitution des réserves corporelles des chèvres ;

  • Le bon développement des chevreaux qu’elles portent (n’oublions pas que la période de tarissement correspond à la fin de la période de gestation) ;

  • Le traitement des infections mammaires hors lactation ;

  • La préparation de la phase colostrale. Sans la période de tarissement, le colostrum, c’est-à-dire le premier lait après la mise-bas serait pauvre et peu abondant.

Chez les chèvres, la période de tarissement doit durer au moins 60 jours ; cela implique de connaître la date de la future mise-bas, qui signera le début d’une nouvelle lactation !

Pourquoi faut-il « traiter » les chèvres au tarissement ?

La période de tarissement, qui correspond à une période de repos de la mamelle, est idéale pour traiter les infections mammaires subcliniques, c’est-à-dire dont les signes cliniques ne sont pas visibles. En effet, s’il est facile de s’apercevoir que la chèvre présente une mammite clinique, il est plus difficile de détecter une mammite subclinique : seul un comptage cellulaire, comptabilisant les globules blancs et les cellules somatiques, réalisé sur le lait, donne une bonne indication sur la présence d’une infection mammaire.

Spontanément, les mécanismes de défense naturelle du tissu mammaire permettent d’éliminer un nombre important d’infections durant la période sèche. Mais souvent ces moyens naturels sont dépassés et des traitements antibiotiques sont alors nécessaires.

Le but du traitement antibiotique au tarissement est très simple : avoir un maximum de chèvres saines dans le troupeau au début de la lactation suivante.

> Diminuer le pourcentage de chèvres infectées permet de limiter les risques de recontamination et d’optimiser la production de lait.

Il est également conseillé de profiter de la période sèche pour effectuer d’autres traitements (en particulier antiparasitaires contre la douve) qui, s’ils étaient réalisés pendant la lactation, entraîneraient le passage de résidus dans le lait, et des vaccinations si nécessaire (afin d’enrichir le colostrum en anticorps protecteurs pour les chevreaux).

> N’oubliez pas de respecter les temps d’attente si la période de tarissement est plus courte que prévue (mauvaise estimation de la date de biquetage) et que le lait ou la viande des chèvres sont commercialisés. AU MOINDRE DOUTE, faites faire une recherche de résidus dans le lait par un laboratoire.

Le choix du traitement

Il existe deux types de traitement :

  • Un traitement intra-mammaire donc une administration locale d’antibiotiques (à l’aide d’un injecteur) directement sur le lieu de l’infection. Le traitement intra-mammaire est efficace car la concentration en antibiotiques des injecteurs est élevée et la formulation longue durée diminue les risques de nouvelle infection. Mais l’administration par voie intra-mammaire nécessite un mode d’administration rigoureux pour ne pas abîmer le canal du trayon ni introduire de nouveaux germes. De plus, si l’infection est ancienne, avec une glande mammaire en partie indurée, la diffusion de la substance active peut n’être que partielle. Enfin, il est préférable d’utiliser des produits à durée d’action courte, ou s’éliminant rapidement, pour éviter de retrouver des résidus dans le lait en début de lactation.
  • Un traitement par voie intra-musculaire donc une arrivée de l’antibiotique au niveau de la mamelle par voie sanguine. Ceci permet une distribution au plus profond de la mamelle, et un ciblage plus précis de l’antibiotique. Mais l’action est de courte durée (effet curatif et non préventif) et partielle (pas de diffusion dans la citerne située à la base du pis).

De nombreux paramètres influencent le choix du protocole (traitement intra-mammaire et/ou intra-musculaire) :

  • le nombre de chèvres infectées dans le troupeau (indiqué par des comptages cellulaires);
  • le type de germes mis en cause dans l’infection (en particulier la présence ou non de mycoplasmes) ;
  • l’existence d’une mammite clinique au cours de la lactation ;
  • la présence de lésions éventuelles au niveau de la mamelle : abcès, induration, déséquilibre…

> N’hésitez pas à faire réaliser des analyses bactériologiques de lait, éventuellement accompagnées d’un antibiogramme et demandez conseil à votre vétérinaire. Selon les cas, il vous proposera un traitement sélectif (des chèvres atteintes) ou systématique (du troupeau), un protocole adapté (intra mammaire et/ou intra musculaire) et vous indiquera les chèvres à réformer (animaux incurables).

La conduite du tarissement

Il est préférable que le tarissement soit brutal : tant que la chèvre est traite, il y a libération de prolactine, hormone qui maintient la lactation. En arrêtant la traite, la sécrétion de cette hormone se stoppe et l’arrêt de la sécrétion de lait se fait naturellement. De plus, un tarissement progressif empêcherait la mise en place des défenses naturelles de la mamelle et augmenterait les risques de mammite.

> Il n’existe pas de « tube à tarir » : le tarissement est dû à l’arrêt de la traite. Ce n’est pas l’injection intra-mammaire de la crème qui tarit la chèvre.

Quelques jours avant le tarissement

Supprimer les concentrés 4 à 7 jours avant la date de tarissement prévue pour diminuer la production de lait.

Le jour du tarissement

  • Vérifier l’absence de mammite clinique.
  • Traire complètement les deux quartiers de la mamelle.
  • Désinfecter l’extrémité des trayons.
  • Introduire l’applicateur dans la mamelle de la façon la moins traumatique possible (préférer un applicateur à embout fin et utiliser un applicateur par mamelle). Injecter la totalité du contenu de l’applicateur et procéder à un léger massage du trayon.
  • Pulvériser ou tremper les trayons avec un antiseptique.
  • Identifier les chèvres traitées : bombe ou crayon marqueur, collier, bracelet ou scotch à la patte, scotch à la queue, poils coupé à la queue…
  • Si un traitement intra-musculaire est nécessaire, il débute le jour du tarissement et se poursuit éventuellement pendant 3 à 5 jours.
  • Ne pas traiter les chèvres taries depuis plusieurs jours : le bouchon de kératine qui s’est installé à l’entrée du trayon risquerait de se rompre.

Les jours suivant le tarissement

  • Ne plus traire les chèvres traitées.
  • Ecarter les chèvres traitées de l’ambiance de traite (aire d’attente et salle de traite).
  • Restreindre leur alimentation.
  • Surveiller les mamelles pour vérifier l’absence de mammite clinique.

> Pendant la période de tarissement, la chèvre ne doit ni gagner ni perdre trop de poids. N’hésitez pas à vous faire aider pour équilibrer la ration…

Si une chèvre perd ses petits à la naissance et doit être tarie, il suffit généralement de la mettre à la diète. Sauf cas particulier, il n’est pas nécessaire de faire un traitement antibiotique.

Le traitement au tarissement doit s’accompagner de mesures préventives

Le traitement au tarissement est indispensable pour assurer une mamelle saine, mais il ne suffit pas.

D’autres mesures doivent être prises pour protéger la mamelle contre les microbes pendant la lactation :

  • réformer les chèvres qui dépassent les 2.000.000 de cellules /ml au premier contrôle après la mise-bas ;
  • prévenir les recontaminations. Pour cela il faut respecter un ordre de traite (les chèvres primipares en premier), désinfecter les trayons en fin de traite, traire à la main ou en dernier les chèvres à mammite, désinfecter les faisceaux trayeurs après la traite des chèvres à mammite ;
  • faire contrôler régulièrement le bon fonctionnement de l’installation de traite ;
  • respecter les normes d’hygiène et de ventilation dans les aires de couchage ;
  • contrôler la qualité de l’eau.

L’utilisation d’antibiotiques intra-mammaires doit faire l’objet d’une prescription vétérinaire. Aucune préparation antibiotique destinée au traitement au tarissement ne dispose aujourd’hui d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour l’espèce caprine. Consultez votre vétérinaire traitant pour choisir un produit adapté au microbisme de l’élevage et respectueux de la santé publique.

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